L’American Bully est un chien puissant, musclé et compact. Cette morphologie impressionnante nécessite toutefois une attention particulière à la préservation des articulations et de l’appareil locomoteur, notamment pendant la croissance.
Un chien qui possède une bonne masse musculaire n’est pas forcément un chien dont les articulations sont en parfaite santé. La prévention commence dès le plus jeune âge, avec une alimentation adaptée, une activité physique raisonnée et une surveillance régulière.
Pourquoi les articulations sont-elles si importantes ?
Les articulations permettent aux os de bouger les uns par rapport aux autres tout en assurant la stabilité du corps.
Chez l’American Bully, plusieurs facteurs peuvent influencer la santé locomotrice :
- sa masse corporelle ;
- sa musculature importante ;
- sa morphologie ;
- sa génétique ;
- sa croissance ;
- son alimentation ;
- son niveau d’activité physique ;
- les traumatismes ou accidents ;
- le surpoids.
Les articulations sont sollicitées à chaque déplacement : lorsqu’il marche, court, joue, monte dans la voiture, saute ou change brutalement de direction.
C’est pourquoi il est important de ne pas attendre l’apparition d’une boiterie pour commencer à s’intéresser à leur santé.
LA CROISSANCE : UNE PÉRIODE PARTICULIÈREMENT IMPORTANTE
Le chiot American Bully peut prendre rapidement du poids et développer beaucoup de masse musculaire.
Cette croissance doit cependant rester progressive et harmonieuse.
Un chiot n’a pas besoin d’être constamment nourri pour devenir « énorme ». Une croissance trop rapide n’est pas un objectif de santé.
À éviter
- Chercher à faire grossir rapidement son chiot
- Donner des compléments sans indication vétérinaire
- Modifier brutalement son alimentation
- Multiplier les séances d’exercice intense
- Le faire courir sur de longues distances
- Lui faire monter et descendre énormément d’escaliers
- Encourager les sauts répétés
- Le laisser glisser régulièrement sur des sols très glissants
À privilégier
- Une alimentation adaptée à son âge et à son développement
- Une croissance surveillée régulièrement
- Des activités adaptées à son niveau de développement
- Des périodes de repos suffisantes
- Des déplacements variés mais progressifs
- Un environnement sécurisé
LE CHIEN DOIT BOUGER… MAIS INTELLIGEMMENT
L’activité physique est indispensable.
Elle permet notamment de développer :
- la musculature ;
- la coordination ;
- l’équilibre ;
- la proprioception ;
- l’endurance ;
- la confiance corporelle.
Mais activité physique ne signifie pas activité intense.
Chez un jeune chien, privilégiez plutôt les promenades tranquilles, les découvertes de différents environnements, les jeux contrôlés et les exercices de réflexion.
L’objectif n’est pas de fatiguer le chiot au maximum.
L’objectif est de construire progressivement un corps capable de bouger correctement.
LA PROPRIOCEPTION : UN EXCELLENT OUTIL
La proprioception correspond à la capacité du chien à percevoir la position de son corps et de ses membres dans l’espace.
Elle peut être travaillée avec des exercices simples et adaptés :
- marcher lentement sur différentes surfaces sécurisées
- contourner des objets
- passer au-dessus de petits obstacles
- changer doucement de direction
- travailler l’équilibre de manière progressive
- effectuer des exercices de contrôle du mouvement
Ces exercices doivent toujours être adaptés au chien et à son âge.
Avec un chiot, on privilégie surtout la découverte et la coordination plutôt que la performance.
LE POIDS : UN ÉLÉMENT MAJEUR
Le poids joue un rôle important dans la santé locomotrice.
Un chien en surpoids impose davantage de contraintes à son appareil locomoteur.
Chez un American Bully, il peut parfois être difficile de déterminer visuellement s’il est réellement en bonne condition physique en raison de sa musculature et de sa morphologie.
Il ne faut donc pas simplement se demander :
« Est-ce qu’il est gros ? »
Mais plutôt :
« Est-ce que sa condition corporelle est adaptée à sa morphologie ? »
Les côtes doivent pouvoir être palpées sans devoir exercer une pression excessive et la silhouette doit être observée dans son ensemble.
LES SIGNES QUI DOIVENT VOUS ALERTER
Certains changements peuvent justifier une consultation vétérinaire.
Soyez notamment attentif à :
- une boiterie ;
- une démarche inhabituelle ;
- une difficulté à se lever ;
- une réticence à monter ou descendre ;
- une diminution soudaine de l’activité ;
- un refus de jouer alors qu’il en avait habituellement envie ;
- une difficulté à s’asseoir ou se coucher ;
- une démarche raide ;
- une douleur lors de certains mouvements ;
- une différence entre deux membres ;
- une récupération anormalement longue après un effort.
Un chien peut également masquer sa douleur.
L’absence de plainte ne signifie donc pas nécessairement l’absence de problème.
BOITERIE : NE PAS ATTENDRE
Une boiterie peut avoir de nombreuses causes.
Elle peut être liée à une simple blessure, mais également à un problème musculaire, ligamentaire, articulaire ou osseux.
Chez un chien présentant une boiterie persistante, répétée ou importante, il est préférable de demander l’avis d’un vétérinaire.
Selon la situation, le vétérinaire pourra proposer un examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires.
Une radiographie ne permet pas nécessairement de visualiser toutes les atteintes articulaires ou toutes les lésions possibles. Le vétérinaire choisira l’examen le plus adapté en fonction des symptômes.
L’ALIMENTATION : PAS DE SURDOSAGE !
L’alimentation joue un rôle essentiel dans le développement du chiot.
Mais attention aux idées reçues :
plus de compléments ≠ meilleures articulations.
Ajouter soi-même du calcium, des minéraux ou différents compléments alimentaires peut être inadapté, particulièrement chez un chiot dont l’alimentation est déjà complète et équilibrée.
Avant d’ajouter un complément, demandez conseil à votre vétérinaire.
L’ENVIRONNEMENT COMPTE AUSSI
Quelques aménagements simples peuvent limiter les glissades et les mouvements brusques.
À la maison :
- tapis sur les zones très glissantes ;
- couchage confortable ;
- accès sécurisé aux escaliers ;
- éviter les jeux de poursuite incontrôlés dans un espace réduit ;
- limiter les sauts répétés depuis des hauteurs importantes.
L’idée n’est pas d’empêcher le chien de vivre normalement.
Il s’agit simplement de réduire les contraintes inutiles.
ET CHEZ L’ADULTE ?
Une fois adulte, l’activité physique doit continuer.
Un American Bully correctement musclé possède un véritable avantage : une musculature entretenue participe au maintien d’un corps fonctionnel.
Mais là encore, il faut rechercher l’équilibre.
Une bonne routine peut associer :
- promenades ;
- exercices mentaux ;
- éducation ;
- activité physique adaptée ;
- marche contrôlée ;
- repos.
Le repos est lui aussi indispensable.
NOTRE CONSEIL BULLY MONSTER FAMILY
La santé locomotrice ne se résume pas à regarder si votre chien boite.
La prévention commence bien avant l’apparition des symptômes.
Surveillez sa croissance, maintenez une condition corporelle adaptée, choisissez des activités cohérentes avec son âge et sa condition physique et apprenez à reconnaître les petits changements de comportement.
Et surtout, ne cherchez pas à obtenir un chien toujours plus lourd ou toujours plus musclé au détriment de sa santé.
Un American Bully en bonne santé doit avant tout pouvoir se déplacer confortablement, jouer, explorer et vivre normalement.
IMPORTANT — SANTÉ
Les informations présentées dans cet article sont informatives et éducatives. Elles ne remplacent en aucun cas un examen, un diagnostic ou les recommandations personnalisées d’un vétérinaire.
Chaque chien est différent. En cas de douleur, boiterie, changement de comportement, difficulté à se déplacer ou inquiétude concernant la santé de votre chien, consultez votre vétérinaire.

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